• Elle voyagea énormément de monastère en monastère et fit connaissance des grands personnages de l'époque. Elle se rendit tout d'abord à Constantinople où elle aurait vu Théodora, l'impératrice douairière. Elle passa par Athènes afin d'obtenir quelques éclaircissements sur la médecine auprès du Rabbi Isaac Istraeli. De retour en Germanie, elle se rend au Regnum Francorum chez le roi Charles le Chauve.
• Elle se rend à Rome en 848, où elle obtiendra une chaire d'enseignement. Dissimulant toujours son identité avec habileté, elle fut accueillie dans les milieux ecclésiastiques et, en particulier, à la Curie.
La légende (2)
• En raison de sa réputation de connaissance universelle, elle rencontre le pape Léon IV et deviendra rapidement son secrétaire aux affaires internationales. En juillet 855, succédant à celui-ci, elle se fit élire pape sous le nom de "Benoît III". Deux ans passèrent. Ensuite viendra le temps des légendes : la papesse se trouva un jour enceinte ; obligée de dissimuler sa grossesse, elle fut malencontreusement prise de contractions au cours d'une procession et accoucha quasiment publiquement. Selon Jean de Mailly, elle fut lapidée à mort par la foule. Selon Martin le Polonais, elle mourut en couches.
• L'aventure aurait contraint l'Église à procéder à une vérification rituelle de la virilité des papes nouvellement élus. Un ecclésiastique était censé examiner manuellement la chose, au travers d'une chaise percée. L'inspection terminée, il pouvait s'exclamer "Duos habet et bene pendentes" ("il en a deux, et qui pendent bien"). De plus, les processions pontificales, pour éviter de remuer des souvenirs douloureux, éviteraient désormais de passer par l'église Saint-Clément, lieu de l'accouchement, dans leur trajet du Vatican au Latran.
Les faits
• Il s'agit très probablement d'une légende, qui fut pourtant accréditée jusqu'au XVIe siècle par l'Église elle-même. Les chaises percées exhibées à l'appui ne sont en réalité que des chaises curules, censées symboliser le caractère collégial de la Curie romaine.
• Aucune chronique contemporaine n'accrédite l'histoire, et la liste des papes ne laisse aucun interstice dans lequel le pontificat de Jeanne pourrait s'insérer. En effet, entre la mort de Léon IV, le 17 juillet 855 et l'élection de Benoît III, entre lesquels Martin le Polonais place la papesse, il ne s'écoule que peu de temps, même si ce dernier n'est pas couronné avant le 29 septembre de la même année, du fait de l'antipape Anastase.
• Ces dates sont confirmées par des preuves solides, telles que des monnaies et des chartes. La chronique de Jean de Mailly suggère, quant à elle, un placement de Jeanne peu avant 1100. Or il ne s'écoule que quelques mois entre la mort de Victor III (16 septembre 1087) et l'élection d'Urbain II (12 mars 1088), et quelques jours seulement entre la mort de ce dernier (29 juillet 1099) et l'élection de Pascal II (13 août 1099).
Source: asiaflash.com
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