De toutes les manifestations miraculeuses liées à la sainteté, l'incorruptibilité physique est aussi troublant. Un peu partout dans le monde, on relève en effet la même croyance populaire spontanée et instinctive : les corps des saints, après la mort, échappent à la loi commune de la dissolution de la chair. Cette propriété miraculeuse a été énoncée par saint Cyrille, évêque de Jérusalem, au IVe siècle de notre ère : « Même lorsque l'âme s'est enfuie, sa vertu et sa sainteté imprègnent encore le corps qui l'a hébergée. ».

En vérité, si l'on étudie la vie des saints de la chrétienté, on constate pourtant que cette marque de la faveur divine a été refusée à de nombreux bienheureux, aussi vertueusement exemplaire qu'ait été leur vie. De même, ce phénomène d'incorruptibilité a été observé en l'absence de béatification ou de canonisation. C'est ainsi que sainte Thérèse de Lisieux, sur son lit de mort, répondait à la jeune novice qui lui assurait que la miséricorde divine lui épargnerait la corruption du corps : « Oh non ! Je ne souhaite pas ce miracle... » Son vœu fut exaucé.

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