A la fin du XIXe siècle, le père Herbert Thurston, à qui l'on doit la première étude systématique des cas d'incorruptibilité, a noté que les corps inexplicablement conservés présentaient six phénomènes caractéristiques :

- un parfum suave émanant de la dépouille mortelle,
- une absence de rigidité cadavérique,
- le corps peut conserver assez longtemps une certaine tiédeur,
- il est épargné par la putréfaction,
- des saignements anormaux, même plusieurs jours après la mort effective (il s'agit le plus souvent de stigmates ou de blessures ayant entraîné la mort par martyre),
- d'étranges mouvements post mortem du cadavre, qui ne pouvaient être attribués à des contractions musculaires purement mécaniques (gestes de bénédiction, par exemple).

Une série de phénomènes mystérieux sont souvent associés à l'incorruptibilité du cadavre. Ainsi, bien souvent, le lieu de sépulture inconnu - ou oublié - de quelque saint a été révélé grâce à un rêve ou une vision. Quelquefois, l'inhumation elle-même s'est accompagnée de prodiges révélateurs, comme les étranges lumières qui sont apparues près du tombeau de saint Charbel Makhlouf. Il arrive encore que les restes du saint - ou de la sainte - exsudent une huile odorante et limpide, parfois abondante, dont on ignore l'origine et la composition. C'est le cas de sainte Walpurgis, morte en 779 et dont les os n'ont cessé de distiller une huile réputée miraculeuse.

Une Américaine de la Nouvelle-Orléans, Joan Cruz, a entrepris de compléter les travaux du père Thurston, à l'aide de toutes les sources ecclésiastiques connues. Dans un ouvrage publié en 1977 et intitulé "The Incorruptibles", elle signale 102 cas authentifiés par la Congrégation des rites de l'Église catholique romaine. Mais, ajoute-t-elle, il est probable qu'il en existe bien d'autres, dont le tombeau a conservé le secret, ou qui n'ont jamais été rendus publics par le Vatican. Là encore, on peut s'étonner que tous les cas troublants recensés par la littérature hagiographique n'aient suscité aucune étude scientifique véritable, si l'on excepte les examens ordonnés par les autorités ecclésiastiques.

Source : outre-vie.com